Dans sa décision en date du 22 juillet 2011, le Conseil constitutionnel a considéré que la Journée de Solidarité, instituée en 2004 pour financer la dépendance des personnes âgées, est bien conforme au principe d’égalité des citoyens devant l’impôt, contrairement à ce qu'avançait un syndicaliste angevin à l'origine de cette question prioritaire de constitutionnalité.
Pour les Sages, « l'ensemble des dispositions » respecte les principes du texte fondamental, estimant que le législateur est en droit de « faire spécialement appel à l'effort » des salariés du privé et agents du public.
Selon le journal "Le Monde" datée du 2 mars, page 14, Maître Bertrand Salquain a saisi la Cour de Cassation pour contester la légitimité de la journée de solidarité au profit de la dépendance, à la demande de son client Thierry Jeanne. A l'argument selon lequel ce prélèvement constitue une inégalité devant l'impôt viennent s'ajouter trois autres dont la mise en œuvre paraît pour le moins contestable: 1°- Le taux de 0.30%. Il est censé refléter sur le bulletin de paye, par un effet de lissage sur l'année civile, le montant de la journée de travail retenue sur la rémunération du salarié au profit de la Dépendance. Le calcul logique devrait être effectué en fonction des journées travaillées, comme suit: jours travaillés/an 365 - 52 dimanche - 52 samedi - 11 jours fériés - 25 congés payés soit: 225 jours travaillés pour une journée de travail, 1 le taux ressort à : 0,444 1 / 225 soit en pourcentage, 0,44% et non pas 0.30%. Or, dans la pratique, ce sont bien des heures travaillées que le patron défalque au salarié. Il retient donc 0.44% au salarié et n'en verse que 0.30% à l'urssaf. Le fait que cette journée du "lundi de Pentecôte" soit prélevée en une seule fois sur le bulletin de paye concerné et que le patron, lui, bénéficie d'un paiement échelonné sur toute l'année constitue une distorsion de traitement qui permet à l'entreprise de se faire de la trésorerie à bon compte. Cela est particulièrement vrai dans les très grandes entreprises. Même en calculant le taux sur les jours ouvrables et en y incluant les jours fériés, (365 – 52 dimanche), le taux ressort mathématiquement à 0.32% pour une journée ouvrée, et non 0.30%. 2°- Le jackpot sur les charges sociales. Comme on l'a vu ci-dessus, le calcul ne concerne que le salaire brut. Prenons l'exemple d'une association d'Aides à domicile intervenant chez des particuliers. Comparons une journée normale de 7heures de travail pour l'intervenante payée 9€/ heure, avec une facturation à 20€ par l'association et 30% de charges, et une journée de lundi de Pentecôte défalquée. La comparaison des deux journées donnent une marge brute totalement différente: celle des charges sociales non payées. journée lundi de normale pentecôte facturation au client: 7h x 20€ 140,00 140,00 A déduire: salaire brut: 7 x 9€ -63,00 -63,00 (les fameux 0,30% mensuels!) charges sociales 30% -18,90 En réalité, beaucoup moins Marge brute: 58,10 77,00 jackpot: 18,90 Le lundi de la Pentecôte est donc un véritable jackpot pour toutes les entreprises puisqu'elles ne payent pas de charges sur des salaires à zéro. Par contre, elles continuent de facturer plein pot les prestations relatives à ces heures. 3°- Autre phénomène méconnu mais très répandu: lorsque le salarié démissionne ou est licencié juste après le prélèvement de la journée de solidarité sur sa paye, c'est tout bénéfice pour le patron qui arrête tout aussitôt de verser les 0.30% de cotisations, puisqu'il n'y a plus de paye! S'il est choquant que tous les français ne soient pas mis à égalité dans la contribution financière à la journée de solidarité, il est encore plus scandaleux que sous couvert de cette même solidarité les entreprises se fassent du fric sur le dos des personnes dépendantes (ou celui des salariées) par le biais de cette contribution. Bravo à Thierry Jeanne pour son obstination à recourir aux tribunaux pour entendre raison.
merci Monsieur, il me semble que votre calcul est véritable puisque j'ai toujours signalé cette arnaque gouvernementale.
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